10月
27
2026

La sous-représentation des femmes dans la vie politique japonaise a fait l’objet de nombreux travaux portant sur les processus de recrutement partisan, les modalités de sélection ou encore les obstacles à l’entrée en politique. Les trajectoires qui suivent une défaite électorale demeurent toutefois relativement peu étudiées, alors même qu’elles constituent un observatoire privilégié des mécanismes de maintien, de réengagement ou de sortie de la compétition politique.

Cette présentation s’inscrit dans une recherche doctorale consacrée aux trajectoires des femmes candidates aux élections nationales japonaises depuis les années 2000. Elle propose d’aborder la défaite électorale comme un moment d’observation des dynamiques de carrière et des mécanismes de persistance des inégalités de représentation. Pourquoi certaines candidates poursuivent-elles leur carrière politique ou changent-elles d’arène électorale, tandis que d’autres se retirent-elles durablement de la compétition ? Quels facteurs favorisent la réintégration dans le jeu électoral et quels autres conduisent, au contraire, à un abandon de l’activité politique ?

L’intervention accordera une attention particulière aux enjeux méthodologiques soulevés par cette recherche. Elle reviendra sur la constitution d’un corpus longitudinal couvrant les élections nationales japonaises de 2004 à 2025, sur les critères retenus pour suivre les trajectoires individuelles des candidates, ainsi que sur les difficultés liées à l’identification des parcours politiques, des changements de parti ou de circonscription et des retours en politique après une période d’absence. Elle présentera également les différentes stratégies d’analyse envisagées, les outils retenus ou abandonnés, ainsi que les arbitrages méthodologiques ayant contribué à définir l’objet de recherche. La recherche combine aujourd’hui une approche prosopographique, l’exploitation de bases de données électorales, l’analyse d’archives et de sources médiatiques, ainsi qu’une enquête qualitative fondée sur des entretiens semi-directifs en cours de réalisation.

Cette présentation sera ainsi l’occasion de discuter de la construction d’un objet de recherche centré sur la défaite électorale, des choix méthodologiques adoptés et des apports potentiels d’une telle approche pour l’étude des carrières politiques, des inégalités de genre et des institutions représentatives dans le Japon contemporain.

Clément Dardenne est doctorant en science politique à l’université Sophia (Tokyo). Ses recherches portent sur la représentation politique, les institutions politiques et les inégalités de genre dans le Japon contemporain. Titulaire d’un master d’études japonaises de l’université Paris Diderot (Paris VII), obtenu en 2015, il a consacré son mémoire aux femmes parlementaires sous le second mandat d’Abe Shinzō, en mobilisant une approche prosopographique. Après un séjour de recherche à l’université Sophia en 2016 en tant qu’étudiant boursier, il a intégré en 2017 le programme doctoral de sa faculté de droit. Après plusieurs années d’enseignement du français langue étrangère au Japon, il a repris ses recherches doctorales en 2025. Sa thèse porte sur les trajectoires des femmes candidates aux élections nationales japonaises et sur les effets de la défaite électorale sur les carrières politiques.

Modérateurs : Aline HENNINGER (IFRJ-MFJ, univ. d’Orléans), Manon GRENET (Inalco, IFRAE), Marine DÉPLECHIN (Inalco, IFRAE)

Organisation : IFRJ-MFJ

* 日仏会館フランス国立日本研究所主催の催しは特に記載のない限り、一般公開・入場無料ですが、参加にはホームページからの申込みが必須となります。

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