9月
29
2026

Le masculinisme regroupe une nébuleuse d’idéologies antiféministes portées par un ensemble de contre-mouvements prônant la défense des droits des hommes. Ce phénomène est souvent associé dans les médias à ses expressions les plus visibles et les plus violentes : terrorisme de célibataires involontaires, propos misogynes de manfluenceurs ou de coachs en séduction. Mais le masculinisme, protéiforme, exerce aussi une influence sur nos sociétés par la circulation quotidienne, sur les réseaux sociaux notamment, de récits plus ambigus sur les rapports de genre.

Au Japon, les termes mascus ou manosphère ne sont pas passés dans le langage courant, mais des communautés structurées autour de griefs similaires existent. Malgré leur diversité, le sentiment d’une discrimination subie par les hommes traverse de nombreux groupes contestataires, comme ceux qui se revendiquent activistes contre les discriminations envers les hommes (男性差別 dansei sabetsu) ou comme « hommes faibles » (弱者男性 jakusha dansei).

Cette présentation expose les avancées de mon travail doctoral, à travers lequel je mène un terrain socio-anthropologique en ligne en interrogeant et analysant le contenu d’hommes japonais antiféministes. Mon fil directeur sera de livrer mes conclusions partielles sur la dimension morale qui les mobilise. Je définirai d’abord l’agencement masculiniste étudié au prisme du cadre néo-matérialiste de Karen Barad, tout en clarifiant ma positionnalité pro-féministe. Je donnerai ensuite des repères sur mes méthodes et sur les enquêté·e·s, avant d’analyser les justifications d’activisme pour les droits des hommes en prenant le cas de la garde partagée, récemment instaurée au Japon. Je conclurai sur mes questionnements actuels.

Amaël Cognacq (il/lui) est doctorant à l’Université de Tokyo, au sein de la faculté des sciences interdisciplinaires de l’information. Il est titulaire d’un bachelor en études japonaises et est-asiatiques de l’Université de Tokyo et d’un master en études du développement international de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a travaillé pour diverses ONG, organismes publics et les Nations unies, notamment dans la coordination et l’évaluation de programmes de développement sur l’égalité de genre.

Son travail doctoral porte sur les mouvements et idéologies antiféministes et misogynes en ligne au Japon. Il mêle méthodologies d’enquêtes socio-anthropologiques et un cadre théorique post-humaniste et néo-matérialiste pour analyser l’agencement (acteurs, pratiques, normes, technologies, affects) qui co-constitue le masculinisme japonais en réseau, et son intégration tant morale que matérielle au sein de la société japonaise.

Modérateurs : Aline Henninger (IFRJ-MFJ, Université d’Orléans), Manon GRENET (Inalco, IFRAE), Marine DEPLECHIN (Inalco, IFRAE)

Organisation : IFRJ-MFJ

* 日仏会館フランス国立日本研究所主催の催しは特に記載のない限り、一般公開・入場無料ですが、参加にはホームページからの申込みが必須となります。

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